jeudi 5 novembre 2009

VdmA, la dégust... Le retour!


Avis aux amis de mes amis vignerons... Et particulièrement à ceux qui ont raté le coche l'an dernier: la Dégustation du VindemesAmis revient à Paris le 30 novembre prochain chez les copains Paul Bert et de l'Écailler (l'adresse est sur le carton). Elle est ouverte et gratuite pour tous les lecteurs du blog : il suffit d'imprimer le petit carton brun ci-contre et de pointer le bout de son verre le jour-dit.

On y retrouvera bien sûr les "stars": les Arena (Patrimonio), Breton (Bourgueil), Senat (Minervois), Valette (Macon), Gautherot (Champagne) ou Foillard (Morgon). Les copains de l'Aude (Azam, Mengus et Palacios), le gang de la Loire (Puzelat et Reau), les flibustiers de Bourgogne (Montanet, Roch, Pico), le club des alsaciens (Meyer et les Bott)... J'en passe et des meilleurs: du Jura aux Baux de Provence et de Fronsac à l'Ardèche. La liste détaillée est sur facebook, ici.

Parmi les nouveaux, mentions spéciales pour les Cortellini et leur Rouge Garance (qui nous avaient manqué l'an dernier) ainsi qu'à l'intrépide Jean-Christophe Comor, qui nous a finalement concédé que la dégustation du VdmA pouvait être l'une de ces "Terres Promises" après lesquelles il coure depuis vingt ans.

Pour le reste attention: à la dégust, on déguste, on se saoule de mots et de vignes... Mais on n'achète pas. C'est un moment de plaisir et de rencontre.

Enfin que les sudistes le sachent, cette année après avoir fait escale à Paris, le VdmA prendra la direction de Montpellier pour se payer le 23 février le "Off" de Vinisud (on vous tiendra au courant). Ça se fête, non?

On peut lire aussi le récit de la dégustation de l'an dernier. Ça peut donner envie...

lundi 2 novembre 2009

Du Zen dans l'Art de la Chaussette


Aujourd'hui, Gilles Azam est coincé à la cave. Là-haut, au dessus de Limoux, il s'est mis en tête de refaire de l'"Ancestrale à l'ancienne", comme il dit drôlement. Voilà pourquoi sous ses précieuses barriques de Chenin, de Mauzac et de Chardonnay, il a garé un beau matin de novembre ce curieux attelage de cônes inversés. Des chaussettes géantes... Des "manches", corrige-t-il avec son bel accent de la Haute Vallée.

C'est dans ces grands cônes de tissu que les vieux arrêtaient la fermentation de leur future blanquette. Goutte-à-goutte.
"J'ai une barrique longue à passer, soupire le vigneron de Roquetaillade, son éternel sourire au lèvres. 300 litres, à peu près... Résultat: j'y suis depuis 7 heures ce matin. Et j'en suis quitte pour quatre jours (et nuit) de filtration... Si tout va bien! Mais je n'avais vraiment pas envie de refaire de l'Ancestrale comme on la fait aujourd'hui: avec filtration industrielle, pasteurisation et levures exogènes. Je voulais la jouer tradition. Sans mentir."
Tradition oblige, le jus qui s'écoule c'est du Mauzac pur. Un jus épais et sucré qui marque la "manche" de son empreinte. Ici, pour une fois, pas d'assemblage. C'est le principe de base, héritier du temps où ce vieux cépage régnait en maître à Limoux. Pas de vieillissement sur lies, au contraire du crémant. Peu d'alcool: une "ancestrale" vous emmène coté dessert sur 7 degrés maxi.

Mais attention, avant de vous agiter les papilles: la partie n'est jamais gagnée avant la mise. Théoriquement à la vieille lune de mars.
"Ça c'est le plus rude, le plus incertain, rigole Gilles Azam... Comme on ne chaptalise pas, les bouteilles font avec leur sucre. Avec celui du raisin. Il y a celles qui ne repartent pas (en fermentation, ndla) et donc ne font pas de bulles. Et puis il y a celles qui repartent tellement fort qu'elle explosent et tapissent la cave!"
C'est pour maîtriser la mise en bouteille et réduire la casse que les Ancestrales "modernes" recourent aux raccourcis de l'oenologie. Et c'est par amour de l'Art que Gilles prend le chemin inverse... A ses risques et périls. Verdict au printemps.


On peut aussi retrouver le "Sieur" Azam sur le site du Domaine des Hautes Terres.

dimanche 4 octobre 2009

Même pas froid!


Voilà! C'est fait... Et ils étaient 713 à se presser ce samedi entre les rangées de Chardonnay du Chateau des Rontets, à Fuissé. 713+1 : Spencer Tunick, le photographe écolo (et habillé) qui règle cette drôle de chorégraphie.

"En fait le lieu avait été tenu secret jusqu'au dernier moment, raconte Cécile Valette, venue en voisine participer à l'expérience. Arrivés sur place, nous avons été par les discours très militants des gars de Greenpeace qui nous annoncent tout de go qu'à 13.15 précises, il faudra être nus. On est venu pour ça mais tout de même. Tout à coup la tension monte... Oserons-nous? On se rassure, on s'encourage... Et le temps de le dire on se retrouve tous... à poil! Et sans complexes!"
L’installation commence sur le sol caillouteux, entre les rangées de Chardonnay parfaitement grattées par Fabio, un ancien architecte italien reconverti dans la vigne. Un fil bleu délimite le périmètre. Les assistants du "maître" courent à droite et à gauche pour placer les figurants. Ils s'agitent et le temps file. Une heure déjà que les "textiles" sont devenus de valeureux nudistes:
"Finalement lorsque Spencer Tunick arrive enfin, il fait un soleil de plomb et 25°C environ. Les corps nus commencent à rosir. Les blagues fusent... Les préventions et les codes sociaux sont tombés avec l'uniforme ! Et puis c'est le silence. Impressionnant. Et la série de déclics de l'appareil photo"
Clic, clac. Deux installations plus tard, les photos finales sont à l'atelier. Et les reportages sont dans la boite. Les 20 heures en feront leurs gorges chaudes.



Quand aux valeureux guerriers, ils ont tous été boire un coup pas volé. Pas peu fiers d'avoir osé se mettre à poil... Pour la Cause.

samedi 26 septembre 2009

Vendanges sucrées


Le cliquetis des sécateurs. Les doigts qui collent sur le raisin. Le sourire gourmand des amis. Le soulagement, aussi: en bio, rien n'est jamais gagné... Mais cette fois encore, Thomas Pico et ses copains vendangeurs peuvent avoir la "banane". En Bourgogne, les Chardonnays ont rarement été aussi fruités:
"A Chablis, on a eu un beau printemps et surtout un été très chaud et très sec, raconte le jeune vigneron. Le résultat est là: quand on les écrase dans la main, les baies sont poisseuses. On a de beaux raisins très sains. Très sucrés. Avec une acidité inférieure à celle 2008. C 'est une belle récompense..."
Déjà, les peaux éclatent au pressoir. Premiers jus. Les cuves attendent les "Villages", les Premiers crus, eux, iront s'arrondir une quinzaine de mois dans de vieilles barriques. Thomas a les yeux qui brillent: après trois années de conversion, 2009 sera son premier millésime certifié "bio". Un millésime prometteur, à marquer d'une pierre blanche.

mercredi 16 septembre 2009

Tout nus dans les vignes ?!!


Une amie m'adresse cette petite annonce virale: un "appel de Greenpeace en faveur des vins français", aux allures de Woodstock viticole:
"Tout nus dans les vignes contre le réchauffement! Au sein d'une immense sculpture vivante, incarnez la vulnérabilité de l'homme face aux changements climatiques!"
D'abord, comme vous, j'ai ri... Je me suis dit qu'il fallait être très vert ou drôlement réchauffé pour aller se faire photographier en Bourgogne dés potron-minet dans le plus simple appareil. Et puis je n'ai plus ri du tout... C'est que dans les vignes aussi, le réchauffement - ou plus exactement le dérèglement climatique - c'est du sérieux! Les experts de l'ONU évoquent un glissement de Bordeaux vers l'Anjou et de la Bourgogne vers Londres... Grêle, vendanges précoces et autres, une cinquantaine de producteurs confirmaient cet été dans le Monde l'ampleur du phénomène.
"Vous voyez bien que tout ça n'est pas une fiction! Insistent les écolos. Le réchauffement augmente la teneur en alcool et perturbe la complexité aromatique des vins. Si rien n’est fait aujourd’hui, les vignes se déplaceront de 1000 kilomètres au Nord d’ici à la fin du siècle.»
D'où l'idée de cette "performance", qui aura donc lieu les 2 et 3 octobre dans une vigne proche de Chaintré (Bourgogne). Là, le fameux photographe Spencer Tunick invite à coup de slogans les volontaires à se déshabiller pour la planète:
"La Nature est sur le point de rendre les armes, plaide-t-il. À travers mon art, j’espère attirer l’attention (...) sur ce lien singulier qui relie les êtres humains aux aliments qu’ils consomment, pour leur plaisir ou pour leur survie. »
L'homme n'est pas un néophyte. Ça fait 15 ans qu'il fait poser des foules d'inconnus au coeur des jungles urbaines ou au beau milieu de la nature. En 2007, son dernier "coup" l'avait emmené avec plus de six cent personnes en Suisse sur le plus grand glacier d'Europe pour protester contre la fonte et le réchauffement. Givré? Non, pas cette fois. Mais un peu Chaintré, c'est sûr...

dimanche 6 septembre 2009

Le retour de Torquemada


Il n'y va pas de main morte, Michel Bettane. Cette semaine dans l'Express, un verre à la main entre deux pubs pour les foires au vin, il assène que "le vin bio n'existe pas". Ni le "bio", ni le "nature", ni - pratiquement - le "sans soufre", qu'il accuse d'être le cache-sexe organique d'"une petite bande de prescripteurs sincères mais illuminés". Plus "authentiques", "plus digestes", moins truffés de pesticides, les vins natures? Que nenni, affirme le dégustateur. Rien ne le prouve... Tout ne serait que "fantasmes et mauvaise foi". D'ailleurs, ajoute-t-il:
"les vins reconnus par tous comme exprimant de manière remarquable leurs origines ne sont-ils pas régulièrement produits à partir de raisins non-bio?"
On espérait qu'avec l'âge Saint Michel, pourfendeur des "bio-cons" mais amateur sincère de Richaud - et il comme il l'avoue lui-même des Breton, de Lapierre et de Gramenon - fasse un jour sa révolution copernicienne et reconnaisse le bien-fondé d'une démarche qui revendique le terroir et son respect comme source de plaisir. Las: 2009 ne sera pas l'année de la Révélation, seulement celle du grand retour de Torquemada.

P.S. : L'express a visiblement trouvé la charge tellement lourde, qu'il a assorti l'interview d'un petit encadré pied-de-nez. On peut y découvrir cinq bonnes adresses parisiennes pour "Acheter et déguster des vins "natures"". Histoire de faire mentir Maître Bettane ?

mardi 25 août 2009

Senat, la relève?


Une nouvelle frimousse cet été à l'embouteillage des Arbalètes 2008: celle de Balthazar, le premier fils de Charlotte et Jean-Baptiste Senat. Très concentré autour de cette jolie cuvée à dominante Carignan, le gamin de neuf ans aligne les bouteilles avec efficacité, sous le regard attendri de son père.

La relève? Pas si sûr. Chez les Senat, c'est bien connu, on suit rarement le chemin tracé... Après avoir tâté du rugby, le cadet des jumeaux fait maintenant merveille sur les parquets de danse classique et espère se frayer un chemin jusqu'à l'Opéra de Paris.

En attendant, ce sont les vignes du Minervois qui font son bonheur...

(Crédit photo: L.Carpentier)